2014-04-19

BabyTwit : Micro-blogue libre pour l'école Primaire


BabyTwit : Micro-blogue libre pour l'école Primaire :  L'outil et les pratiques

La carte mentale présentée au 7éme Forum des Enseignants Innovants 16 et 17 Mai 2014 à Bordeaux



BabyTwit est une alternative aux services de microblogue tels que Twitter ; issue de la communauté du « logiciel libre » elle est respectueuse de la vie privée des utilisateurs.


Ce service proposé par l'association AbulÉdu-fr qui depuis de longues années a tissé des relations de coopération reconnues avec le monde de l'éducation. (serveurs Abulédu, Logithèque Le Terrier ...)
Babytwitt apporte aux utilisateurs les garanties suivantes :
  • Le site est hébergé en France sur le serveur de l'association. Les garanties apportées par la loi française et européenne s'appliquent donc à ce service.
  • Seule une adresse de courrier électronique est nécessaire pour ouvrir un compte ; celle-ci ne sera jamais partagée avec qui que ce soit.
  • Aucune donnée personnelle déposée par un utilisateur (paramètres du compte et messages) ne sera partagée avec qui que ce soit.
  • L'ensemble des données personnelles d'un utilisateur est supprimé sur simple demande.
  • Le service est uniquement accessible en liaison sécurisée (https, pas de transmission de mots de passe en clair).
  • Aucune publicité directe (bannière, images, etc.) ou indirecte (message de pseudo-utilisateurs) n'est admise, en conformité avec l'obligation légale de neutralité commerciale de l'école publique.
BabyTwit est un service de microblog enrichi qui propose de nombreuses fonctionnalités classiques dont :
  • Publication de message en 140 caractères.
  • La possibilité de joindre des documents à ses messages (images et autres types de fichiers).
  • Publication de liens raccourcis
Mais aussi de fonctionnalités avancées qui lui sont propres :
  • De créer des groupes d'utilisateurs, privés ou publics.
  • De s'abonner aux messages comportant un "mot-dièse" (hashtag) particulier
  • De s'abonner aux résultats d'une recherche "plain-texte".
  • De redimensionner le champ de saisie du message.
  • De publier des événements, proposer des sondages, poser des questions ou encore publier des liens favoris.
  • De proposer diverses interfaces adaptées aux utilisateurs (Interface allégée pour les maternelles)
Le vocabulaire employé, ainsi que l'apparence, sont adaptés à l'utilisation par des élèves d'école primaire.

Un peu d'histoire :

- 2001 : Lors du lancement du serveur Abulédu, une adresse de courrier électronique en intranet est créée pour chaque élève, pour qu'ils s'exercent en interne avant de plonger dans l'internet.
- 2009 : Lors du plan ENR, plutôt que de laisser les écoles choisir entre les services de messagerie instantanée de Google ou Microsoft, AbulÉdu propose un serveur de messagerie interne, c'est le
petit bain avant la piscine olympique.

- février 2012 : Mise en lumière dans la presse de plusieurs expériences d'utilisation de Twitter à l'école, en particulier la classe de Philippe Guillem. Dans la même période, de nombreuses voix s'élèvent contre la politique d'utilisation des données personnelles de Twitter.
- mars 2012 : L'association décide de construire une alternative : BabyTwit
- décembre 2012 : BabyTwit.fr est presque terminé, les derniers réglages s'opèrent. Pendant ce temps, un magazine dédié est en préparation.
- 17 janvier 2013 : Lancement officiel de BabyTwit, et de l'AbulÉdu'Zine spécial BabyTwit.
- 21 janvier, le premier message d'élèves est publié. Ce sont @lesgribouilloux qui inaugurent babytwit.
- 23 janvier : 100ème compte créé.
- 31 janvier : 1000ème message publié
- Au 11 mars, 3 classes utilisent effectivement BabyTwit, et de nombreuses autres ont pour projet de le faire.


Objectifs généraux du projet Babytwitt

Internet libre
  • Fournir aux enseignants un outil leur permettant de bénéficier des avantages du microblog, sans subir les contraintes propres aux services "privés". (publicité, utilisation des données personnelles)
  • Construire avec les élèves, les représentations d'une culture numérique qui privilégie le partage, la collaboration et la participation à l'élaboration d'un bien commun
  • Proposer aux familles un outil éthique, responsable et respectueux de la vie privée des personnes.
Communauté d'enseignants
  • Constituer une communauté d'enseignants prête à accompagner les élèves ( et leurs collègues) dans les mondes numériques.
  • Proposer un outil adapté aux élèves d'école primaire, adapté au fonctionnement des classes, et apportant de nouvelles fonctionnalités. 
Actuellement 85 classes ont ouvert un compte Babytwit ce qui représente environ 2000 élèves et le réseau compte 706 membres au total.

Depuis 4 mois plus de 600 de messages sont échangés tous les mois en moyenne soit une cinquantaine par jour de classe.


Produire de l'écrit
Proposer des situations d'écriture motivantes, réelles et qui font sens :
  • écrire pour les parents
  • écriture partagée avec d'autres
Échanger
  • Publier pour être lu
  • Échanger avec les lecteurs
Responsabiliser
  • Construire avec les élèves un usage responsable des réseaux.
  • Former les parents pour qu'ils puissent accompagner les enfants
Coopérer
  • entre enfants : écriture partagée (twithaiku et abécédaire)
  • entre enfants et adultes : collaboration avec un artiste (illustration d'un texte collectif)
  • entre adultes : possibilité de participer au développement (adaptation et évolution de l'interface)
Se former / Apprendre avec et grâce aux autres, enfants et adultes
  • Échanger sur des connaissances : par exemple photo devinette sur la première guerre mondiale (#centenaire)
  • Demander de l'aide sur le sens de certains mots notamment
  • Partager des ressources et des informations
     
Babytwit : Un projet récent (2013) qui a vu se créer en quelques mois une communauté de classes et d'enseignants dynamiques qui échangent quotidiennement autour de projets d'écriture. Plusieurs groupes de travail sont déjà à l’œuvre: Percutwit ; Twit Haiku ; Abécédaire. C'est pour les classes un outils en devenir qui n'a de limites que l'imagination des élèves et des enseignants.



Quelques propositions d'utilisation.

  • En classe MS GS ; le projet de Philippe Guillem ( Ecole maternelle A Camus – Talence33 Talence)


Écrire et Publier et Échanger sur le réseau avec les parents .

Le projet est bâtit autour d’un atelier d’écriture quotidien pour informer les parents de certaines activités de la classe.
Tous les jours un sujet est choisi collectivement par vote parmi trois propositions
Les élèves produisent donc un texte quotidiennement par dictée à l'adulte.
Ce petit texte d’un maximum de 140 caractères est l'occasion d'un véritable travail sur la langue et sur l'écriture. Il s'agit de les accompagner, opérer avec eux le passage de la langue orale à l'écrit.
Le message est ensuite mis en ligne par les élèves eux même à l’intention de leurs parents.
Les parents peuvent commenter ou réagir à ces informations suscitant ainsi une véritable conversation qui motive l'écriture de nouveaux messages.

  • Un premier bilan

La classe publie tous les jours un twitt à destinations des parents. Certains automatismes d'écriture sont déjà acquis. ( utilisation des pronoms … ) Les élèves sont toujours motivés pour écriture les twits. Actuellement 23 comptes ont été ouverts par les parents de la classe. Les interactions entre les parents et la classe sont de plus en plus nombreuses. Nous gardons grâce à Babytwit, le contact avec un élèves qui est parti passer 6 mois à Vancouver. Les parents dans leur grande majorité ont été confrontés au paramétrage d'un compte de réseau social. Il ont pris conscience qu'il fallait accompagner leurs enfants dans leur accès progressif aux mondes numérique.

  • En classe CM1 le projet de Céline Souleille ( École élémentaire Pierre et Marie Curie –  33 Floirac)

Écrire, publier et collaborer sur le réseau

Un comité de rédaction est mené par les élèves deux fois par semaine. On y dresse une revue générale des messages publiés sur la plateforme, on y discute des abonnements, on y débat des échanges et du choix des thèmes sur lesquels les enfants souhaitent publier. C'est souvent l'occasion d'y aborder les notions d'identité et de traces numériques, de se familiariser et de s'approprier le réseau.

Tout au long de la semaine, les enfants rédigent des messages sur la vie et les projets de la classe, échangent avec d'autres enfants ou adultes, réagissent aux informations qui sont publiées, demandent une information, collaborent autour de projets collectifs. Par exemple, les élèves ont coopéré avec une autre classe du collège du secteur autour de l'écriture de haïkus sur le thème de la rénovation du quartier (#cartesonore et #twithaïkus). Un abécédaire, également est en train d'être rédigé par 6 classes de niveaux différents et un groupe extra-scolaire (#abecedaire). Les illustrations sont le fruit d'un travail collaboratif entre les classes et un illustrateur. 

  • Un premier bilan

Simple d'utilisation et attractif, centré sur des écrits brefs, en phase avec les enjeux actuels d'apprentissage des codes et outils numériques, les élèves se sont appropriés aisément BabyTwit comme un moyen de publier et d'échanger. Son utilisation en classe a suscité curiosité, motivation et créativité. Les compétences langagières, en particulier en orthographe, s'en sont trouvées améliorées. Les élèves attendent chaque semaine avec impatience les moments d'échanges avec les camarades et les adultes. Ils écrivent avec un entrain nouveau des poèmes, des réactions aux messages, des critiques, des questions qu'ils souhaitent soumettre. L'existence d'un destinataire réel a été un levier incomparable et permet d'inscrire les apprentissages dans un contexte réel qui fait sens pour les enfants. Le réseau est même envisagé aujourd'hui par la classe comme un moyen de s'informer, voire de se former, d'apprendre.




Groupe de classes sur Babytwit


Les classes participantes sont invitées à produire des Haïkus, forme japonaise de courtes poésies, en réponse à une photographie proposée par l’équipe de conception. Ces productions sont publiées sur BabyTwit, . Les classes pourront échanger avec une poète et bénéficier de ses conseils.

Le projet Tw'haïku répond à un double objectif : celui de formation des enseignants et celui d'acquisition de compétences par les élèves.

  • 1. Engager les enseignants dans un projet leur permettant de développer leurs compétences professionnelles :
Accompagner les enseignants dans la maîtrise des outils permettant d'intégrer dans leur enseignement l'usage des technologies numériques.
Proposer une démarche pédagogique alliant technologies numériques et production d'écrits
Permettre à l'enseignant de participer à l'éducation aux droits et devoirs liés aux usages des technologies de l'information et de la communication

  • 2. Apporter aux élèves des éléments de motivation et de construction de leurs compétences : Donner aux élèves le goût d'écrire, pour soi et pour les autres, dans une visée artistique, en utilisant un support de communication novateur.
Faire maîtriser aux élèves les compétences des items 2.1 et 5.1 du B2i ( « Connaître et tenir compte des conditions d'inscription à un service en ligne ; savoir quelles information communiquer ; se protéger et protéger sa vie privée », « Connaître et appliquer les règles propres aux différents modes de communication (…, message court, réseaux sociaux, ...) »
Donner à voir aux parents d'élèves les productions de leurs enfants, leur permettre d'interagir avec eux, transmettre des notions de responsabilité des usages en ligne





Groupe de classes sur Babytwit  


Un projet avec une double finalité :
Les besoins des enseignants montrent leurs difficultés à mettre en œuvre dans leur classe des séances de création sonore. Par ailleurs, les activités basées sur le micro - bloging se développent de plus en plus dans les classes.

Après une phase de découverte et de pratique des percussions, il s’agit pour les classes participantes, de produire une ou plusieurs partitions en utilisant un codage commun.

Ces partitions seront ensuite déposées sur babytwit [1] et serviront de corpus d’interprétation à l’ensemble des classes.  En "réponse" à la partition, les classes pourront poster leurs impressions, commentaires ou un enregistrement de leur interprétation.


Les classes produiront une ou plusieurs partitions en utilisant un codage commun. Ces partitions seront ensuite déposées sur Babytwit et serviront de corpus d'interprétation à l'ensemble des classes participantes En "réponse" à la partition, les classes pourront poster leurs impressions, commentaires ou un enregistrement de leur interprétation.


 



  • Abécédaire :  

Groupe de classes sur Babytwit

Un groupe de travail pour créer un Abécédaire à plusieurs classes avec la complicité et la collaboration de Odysseus qui par ses propositions de dessins alimente la réflexion des élèves.



  • Babytwitt : Outils de  Correspondance avec les parents
Babytwit a été par exemple utilisé par la Classe de CM1 CM2 de l'école Louis Pasteur à Floirac  (Sébastien Lavigne) comme outils de correspondance et de liaison avec les parents lors   d'une classe transplantée à la montagne.

Mise en place d'une véritable situation d'écriture pour des élèves qui créent des messages adressés aux parents, doublés d'un partage de photos .


  • Photodevinettes

Pour célébrer le centenaire de la Grande Guerre une classe de Bretagne lance un jeu de  "Photodevinettes" basé sur des objets militaires aillant trait à cette guerre.




mais aussi "Devinombre", Contes, Sondages, Groupes ... les élèves et  les enseignants  ne tarissent pas d'idées pour s'engager dans l'écriture, partager, créer, s'entre-aider ...


Babytwit est de plus un outil "open source" et collaboratif. Il est donc aussi possible de proposer des modifications pour le faire évoluer. Ci dessous en créant la possibilité d'une interface plus dépouillée, débarrassée de certaines fonctions et boutons (à gauche) nous avons pu rendre l'interface plus intelligible pour des élèves de maternelle (à droite) .


Carte mentale de Babytwit

Télécharger l'image ICI

@philippeguillem 04/2014
Article écrit en collaboration avec 
Céline Souleille @csouleille / Jonathan Tessé @j_tesse / Frédéric Adamczak @freda_73

 




Licence Creative Commons
Ce(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

2014-04-09

Le Métapiano est un jeu d'enfant ; Découvrir, Jouer , Interpréter, une partition à l'école maternelle.

Le Métapiano est un jeu d'enfant
 
Découvrir, Jouer , Interpréter, une partition à l'école maternelle.




Un instrument : Le Métapiano 

Janvier 2009 Jean Haury et son Métapiano. participent aux premiers Ateliers de Musique Numérique de Talence,


Jean Haury a élaboré une méthode de "notage" de la partition, la «Pianotechnie », qui permet l’interprétation immédiate sur le Métapiano d’une partition. L’œuvre numérisée répond à la gestuelle, aux rythmes et aux inflexions expressives de l’interprète. En concerts ou en ateliers,  « Le métapiano est un piano concentré qui peut être joué par quelques doigts, voire avec un seul. 

En pratique, la partition est analysée pour établir une structure réunissant relations mélodiques, harmoniques et contrapunctiques entre les notes. Seules les hauteurs des notes sont codées et mémorisées selon les règles de la pianotechnie. Cette structure de hauteurs peut être mise en sons en jouant sur un nombre restreint de touches du métapiano. Le musicien qui connaît « d’oreille » la pièce applique à la structure de notes rythmes, tempo, articulations, accents, phrasés dynamiques et agogiques pour l’interpréter. Un raccourci temporel s’opère entre le «notage» d’une partition et son interprétation immédiate sur le métapiano.

Interpréter sans passer par la longue phase usuelle d’apprentissage; le métapiano propose d’inverser les questionnements du quoi et du comment. Cette inversion amène le musicien à envisager d’emblée diverses possibilités d’interprétation d’une œuvre et à les réaliser instantanément. » 

Lors des Ateliers de Musique Numérique de Talence Jean Haury a proposé à des classes de travailler sur son instrument. Depuis maintenant 6 ans, force a été de constater l'intérêt manifesté par les élèves de tous âges ( de la maternelle au lycée ) pour son dispositif. Durant les 30 à 40 minutes d'ateliers nous avons pu observer comment des élèves néophytes en musique pouvaient trouver un véritable intérêt , et un plaisir à écouter, interpréter et jouer de très courtes pièces du XVIII éme.

 Ateliers de Musique Numérique 2011 (5'28")
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Une Pédagogie: Un Jeu d'enfant

En cela il rejoint les idées pédagogiques de François Delalande qui  explique qu'il est possible pour les jeunes enfants d’acquérir de véritables compétences de musicien avant d'entreprendre le long et nécessaire travail sur l'instrument.
 
Françoise Delalande : «La musique est un jeu d'enfant»


Une Classe :  Le Métapiano est un jeu d'enfant

Trois projets mis en œuvre en classe de Moyenne et Grande Section.

 

Écouter pour Reconnaitre la musique  : Une Comptine Cachée 
François Delalande nous invite à faire jouer les enfants avec des objets sonores et de travailler à partir de l'écoute de leurs productions. Leur donner une bonne raison d'écouter. Ecouter leur propre production sonore semble véritablement motiver leur écoute. Son travail de recherche l'a conduit à s'intéresser à la façon dont les jeunes enfants de crèche découvraient le monde des sons. Il a constaté que leur intérêt pour les sons se construisait à partir de "trouvailles sonores" produites accidentellement mais surtout reproduites et développées intentionnellement par la suite. C'est  cette articulation entre reconnaissance et intention qui est travaillée dans la proposition qui suit.
Une comptine connue (une souris verte) a été programmée dans le métapiano. Cette petite pièce a été proposée la découverte, sans pour autant dire aux élèves de quelle comptine il s'agissait. La partition sans indication de titre s'affichait à l'écran.
Sur le temps d'accueil le matin, la proposition était simple: " Vous pouvez jouer de ce piano". 

Les élèves sont venus très spontanément vers ce dispositif nouveau et attractif. Ils ont commencé à jouer avec le clavier produisant des notes apparemment sans cohérence.
L'appui sur plusieurs touches simultanément déclenchant le sons de plusieurs notes jouées ensembles. Dans un premier temps les élèves sont venus surtout pour produire du son, pour le plaisir, surtout d'en produire "beaucoup". Une phase nécessaire de découverte et d'appropriation du dispositif. 
Peu à peu une lassitude s'est intallée et les élèves abandonnèrent le dispositif, une fois épuisé le plaisir de produire pour produire.
A ce moment j'ai introduit une première consigne de jeu: "Jouer une seule note à la fois". Cette consigne permis de commencer à installer une réelle écoute. Peu à peu les élèves ont pu jouer la suite des notes de la comptines. 
 Les essais se sont succédés jusqu'au moment ou une suite de note jouées "accidentellement" au bon rythme, a commencé à attirer leur attention. Une accroche pour l'écoute; une phrase musicale qui leur "disait quelque chose".  J'ai pu observer à plusieurs reprises cette "bascule dans le sens" dans les yeux des élèves. Un "petit Euréka" qui les conduisait très rapidement à jouer la comptine ainsi reconnue sans aucune erreur de rythme.


Découverte de Une poule sur un mur (1'46")
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Interpréter pour Explorer la musique : Les Préludes  de  Muzio Clementi

Jean Haury utilise dans ses ateliers ces petits préludes de la fin du XVIIIème car ils ont la particularité d'être très courts, une à deux lignes et pour la plupart très réguliers (suite de croches). De ce fait grâce au métapiano, ils sont jouables assez rapidement et se prêtent facilement à l'interprétation.

En maternelle (comme ailleurs ) pourquoi ne pas commencer la journée par un moment de musique. Un rituel comme un autre pour dire à tous que la classe est commencée et pour installer les élèves dans l'écoute. Le métapiano offre maintenant la possibilité d'écouter par exemple un Prélude de Muzio Clementi  jouée par un élève de la classe.

Pendant le temps d'accueil du matin le métapiano est une proposition d'activité. Un prélude est programmé et les élèves viennent d'abord essayer spontanément puis petit à petit travailler la pièce qu'ils vont jouer pour toute la classe. Une fois les jeux rangés et les élèves regroupés sur les bancs, le petit concert du matin commence et successivement deux à trois élèves jouent la pièce pour la classe.

 Un regard , une écoute (0' 15")
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Une fois installée cette utilisation du métapiano en classe, il devient facilement possible d'aborder l'interprétation. La lecture des nuances, l'agogique prennent du sens en devenant audible. Chez ces élèves s'opère une prise de conscience de la façon dont contrôler son geste permet de rendre ces nuances perceptibles. Ils entrent  dans l'interprétation. 

 La motivation des élèves est à la hauteur de leur envie de jouer devant toute la classe et de donner leur interprétation de la pièce. Ils mettent en œuvre, bien avant d'avoir appris le solfège ou la technique instrumentale des compétence de musicien.

Un geste contrôlé . (0'31")
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  Les parents nous ont demandé de donner un concert !
  
Jouer pour Partager la musique : Un Orchestre pour danser
Musique; une définition (*) : "Art qui permet à l'homme de s'exprimer par l'intermédiaire des sons".
 A travers la musique il serait donc question d'exprimer une pensée, un sentiment; donner une "parole" au sens large. Dans notre culture, le lieu associé à cet échange par le biais de la musique est le plus souvent la scène. La musique est considérée et reconnue comme étant un spectacle.
Le métapiano nous permet aussi d'explorer cette voie. (Jean Haury l'utilise lui même au sein de la formation Les Complémentaires .
Dans de nombreuses écoles maternelles la fin de l'année est traditionnellement  l'occasion de présenter aux parents les travaux de l'année et de passer un moment, de convivialité. C'est aussi l'occasion parfois de  présenter un spectacle préparé par les élèves. 
Ces projets sont des temps de travail collectif et collaboratif au cours desquels la complémentarité du travail de chacun permet la réussite collective. Ils sont aussi l'occasion d'un travail qui donne leur sens aux activités artistiques. 
J'ai toujours veillé à ce que les élèves montent sur scène en connaissance de cause. Avant le spectacle nous discutons de ce qu'il se passe sur une scène. Les artistes donnent à voir leur spectacle, à entendre leur musique, leur voix... Ils suscitent du plaisir chez les spectateurs qui en retour leur donnent des sourires, des applaudissements. La scène est un lieu d'échange de plaisirs et d'émotions. 
C'est avec ces idées en tête que les élèves préparent le spectacle. Il travaillent avec la perspective de cet échange. 
Je considère que la place de l'enseignant n'est pas sur la scène et pour ma part si j'accompagne énormément les élèves dans la création de leur spectacle, c'est véritablement en spectateur que j'assiste à leur représentation. Je leur fait une totale confiance pour mener leur spectacle à bien en toute autonomie, ce qui ne s'est jamais démenti.
Après la visite d'un château-fort nous avons entamé un cycle de danse traditionnelle (folk).
Ces danses ont été présentées lors du spectacle de fin d'année. Grâce au métapiano les élèves ont pu assurer l'intégralité du spectacle. Les danses ont été apprises et la musique a été diffusée en direct par un orchestre d'élèves. Ces "élèves musiciens" portaient la responsabilité de la continuité du spectacle. Il n'ont bien sur pas failli.
Ils ont répété comme un véritable orchestre.
Composition de l'orchestre
Métapiano pour la mélodie, Basse jouée à l'archet, Trompe et Petites Percussions

Le spectacle (extraits 2'31")





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Trois projets, qui finalement ne sont que la déclinaison de la même idée pédagogique. L'idée que tout comme apprendre à lire, nécessite d'être préparé par des activités qui donnent du sens et l'envie de lire; pourquoi n'en serait il pas de même  pour l'apprentissage la musique ?

A 5 ans ne serait-il pas possible de découvrir l'écoute, la maîtrise du geste musical, les rudiments de l'analyse et de lecture musicale et surtout le plaisir de jouer; autant de compétences spécifiques du musicien. 
 Il serait alors permis d' espérer que ces compétences puissent être mises au service du long et difficile apprentissage de la technique instrumentale lui rendant aussi tout son sens.

Créer des situations de classe qui intriguent et questionnent, qui émerveillent, qui font découvrir, qui valorisent, qui font vivre des moments forts ensemble et qui procurent du plaisir donnera aux élèves l'envie d'apprendre. Ils passeront du temps concentré sur une activité, voudront se perfectionner persévérer, et travailleront ensemble dans un but commun. Tout cela contribue à installer dans la classe une ambiance de travail de recherche et d'échanges évidement propice aux apprentissages.


Un immense merci à Jean Haury créateur du Métapiano, qui a accepté de le mettre à la disposition de la classe ainsi qu'aux élèves qui ont su par leur travail créer ce spectacle et le donner pour le plaisir de tous.


 Le Métapiano en un coup d'oeil



*http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/musique/53415?q=musique#53063

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